#VendrediLecture // Misty Copeland – Une vie en mouvement


Il paraît qu’on reproche à Misty Copeland de trop se focaliser sur le fait qu’elle soit une danseuse noire, mais il se trouve que c’est son identité : c’est en tout cas elle qui le dit en ouverture du documentaire A Ballerina’s Tale : Meet Misty Copeland. En même temps, les médias ont principalement accompagné son accession au titre de danseuse étoile de titres racoleurs du type : La première danseuse étoile noire de l’histoire ! (point d’exclamation authentique… on s’en sortait bien quand il n’y en avait qu’un). En même temps, c’est vrai (et il était temps !). C’est pourtant loin d’être la principale caractéristique de Misty Copeland.

Pour situer le personnage et son contexte 

(façon de parler… c’est une vraie personne !)

A 13 ans, elle découvre à peine la danse classique. Si cela ne te parle pas, sache que dans le monde cruel des petits rats de l’opéra, 13 ans, c’est presque le 3ème âge ! Elle se distingue par une souplesse d’un autre monde et une capacité d’apprentissage assez hallucinante. A 15 ans, elle est estampillée prodige :

On pourrait croire que son destin d’étoile était donc tout tracé.

Loupé.

Déjà, parce qu’à la base, sa famille, contrairement à ses arabesques, n’est pas franchement un modèle d’équilibre. Parce qu’un prodige, ça attire des personnes (plus ou moins) bien intentionnées et que comme le dit si bien l’adage, l’Enfer est pavé de bonne intentions. Parce qu’elle était fan de Mariah Carey (c’était la minute « peste » by Pilou). Et parce que personne n’échappe à l’adolescence, pas même les prodiges. Et que la jeune fille s’est vite retrouvée affublée d’un physique atypique pour une danseuse (trop de poitrine, trop de muscles).

Autant dire que Misty Copeland peut se permettre de rédiger son auto-biographie.

Une lecture d’autant plus appréciable qu’elle le fait sans fausse modestie, sans concession et sans pathos. Bon, après, les choix éditoriaux français sont particuliers. Ou plus exactement, le choix marketing. Perso, je suis très (très, très, très) fan de Beyoncé. Mais est-ce pour autant que le bandeau de promo suivant est une bonne idée :

Quand les rêves deviennent réalité. Bravo Misty. 

Beyoncé.

Je ne suis pas sûre 😀 ! Il est plus que probable que Misty Copeland ait reçu des compliments plus constructifs, que Beyoncé ait émis des propos plus pertinents, et l’effet tombe carrément à plat. J’ignore qui a inventé l’usage du bandeau mais là-maintenant-tout-de-suite, j’ai une petite envie de le taper (c’était la minute « révolte qui sert à rien » by Pilou).

[EDIT – je pose ça là : What You Can Learn From Misty Copeland About Achieving the Impossible]

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